Il est temps de changer ou quand économiser nous rend plus pauvre.

« Économiser plus. Vivez mieux. » Ce slogan vous dit quelque chose? C’est le message « accrocheur » d’une chaîne de détaillants mondialement connue. Comme tout sophisme, il semble logique que le fait d’économiser devrait nous permettre d’avoir plus d’argent dans nos poches. L’analyse est plutôt simple en matière de consommation. Le seul critère qui compte est de payer le moins cher possible. Tout le reste, on s’en fout. En fait, on ne dit rien d’autre parce que si on disait la vérité, on oserait même pas vendre des produits d’aussi piètre qualité. On tente de nous faire croire que le bas prix payé n’a pas d’importance sur la qualité des produits, mais c’est impossible. Nous tombons totalement dans le piège de la spirale de la consommation : on nous fait payer moins à la fois, mais plus souvent. Il en résulte que nous ne sommes jamais capable de mettre des économies de côté.

Bien évidemment, on nous vend une illusion, sans compter la pression que cela crée sur notre environnement avec les tonnes de déchets produits, les ressources qui s’épuisent, en plus que ces meubles sont souvent produits par des esclaves modernes, à peine payés et maintenus dans des conditions exécrables.

Comment s’appauvrir davantage?

La méthode trouvée par nos fabricants pour réduire leurs prix a été, on le sait bien maintenant, de transférer leurs chaînes de production dans les pays où la main d’oeuvre est peu coûteuse et les conditions de travail souvent inexistantes, permettant aux entreprises de limiter leurs coûts de production. Mais qui dit transfert de production dit aussi perte d’emplois pour les régions où étaient préalablement fabriqués ces produits. Depuis quelques années, des milliers, voire des millions d’emplois ont été ainsi perdus au niveau local et régional.

L’autre façon que les fabricants ont trouvé pour réduire les tarifs est de proposer des articles de moins en moins bonne qualité. Cela leur permet à la fois de limiter le coût de production ET de faire en sorte que les consommateurs doivent remplacer souvent leurs articles ainsi produits. Nous voici donc collectivement sans emploi et obligés de nous procurer des produits qu’on doit remplacer de plus en plus souvent, parce qu’ils sont non durables et conçus pour être consommés puis jetés. Comment cette situation peut-elle nous permettre de vivre mieux et d’économiser ?

Comment s’appauvrir encore plus?

On va y réussir en persistant à ne pas se soucier d’acheter localement. On va réussir en persistant à nous procurer des produits fabriqués ailleurs. On va y réussir en continuant d’envoyer notre argent partout ailleurs dans le monde et en ignorant nos fabricants, nos artistes et nos artisans locaux. C’est un billet tout droit vers le déclin de notre tissu social et de nos services collectifs tels que nous les connaissons.

Comment s’en sortir?

Si on revient dans les années 70 et avant, c’était le temps où on se souciait du temps de travail nécessaire pour fabriquer un meuble et des ressources que cela exigeait. Alors, on se disait, tant qu’à faire autant bien faire et autant le faire pour que ça dure le plus longtemps possible. Maximisons nos ressources! On était loin de la frénésie du consommer-jeter qui caractérise les articles que l’on produit de nos jours. D’ailleurs, même le choix des mots révèle sur l’état de la situation : à l’époque on prenait le temps de fabriquer les meubles, aujourd’hui on se dépêche à les produire.

Mais qu’en est-il précisément? Jusqu’à quel point cela peut faire une différence?

En fait, dans notre expérience de remise à neuf de meuble, nous avons eu la chance de voir des meubles dont le rembourrage initial avait plus de 100 ans. Croyez-le ou non, nous n’avons même pas eu à changer leur rembourrages tellement ils étaient encore confortables et en bonne condition. Comment cela est-il possible? Voilà toute la question. C’est ici que nos choix vont avoir une influence sur la longévité de nos articles.

C’est ainsi qu’il en coûtera moins cher d’obtenir des confections de méga qualité. En fait, le prix initial sera plus élevé que pour des articles peu durables, mais considérant la longévité de ces articles, cela reviendra toujours moins cher si on situe le tout sur une base annuelle. Voyons le petit tableau suivant.

comparatif de prix d'un sofa

Comme je disais un peu plus haut, selon les matériaux choisis et les confections souhaitées, un meuble peu durer de quelques mois à plusieurs décennies. Et plus on choisi la qualité au départ, plus nous économisons! Bizarre que de se faire dire que de payer un prix plus cher est plus économique, mais c’est tout le jeu des fabricants et des détaillants que de nous faire miroiter l’impression que l’économie vient du prix le plus bas. C’EST TRÈS SOUVENT LE CONTRAIRE QUI SE PRODUIT. Étonnant n’est-ce pas qu’il soit encore possible de faire de réelles économies de nos jours, mais cela exige de modifier quelque peu sa façon de penser et ses réflexes de consommations.

Être intelligent, c’est être curieux quand on ne sait pas. C’est avoir l’ouverture de celui qui est prêt à entendre un perspective différente de la sienne et la sagesse de faire la part des choses et de ne jamais prendre pour définitif une vérité ponctuelle, du genre : la terre est plate.

Comment s’y retrouver?

Bien évidemment tout ça pourrait être de la poudre aux yeux. Il n’est pas facile de s’y retrouver durant cette période où l’on voit partout des entrepreneurs crapuleux, mafieux tenter de nous proposer n’importe quoi pour soutirer le maximum de nos poches.

Revoir ses croyances et développer son intelligence

Quand on sait qu’une chaine télé comme CNN aux USA diffuse jusqu’à 90% de fausses informations, de façon à garder captif un auditoire prêt à gober tout ce qui plait à leurs valeurs et croyances, il apparaît encore plus important de se demander sur quelles bases on prend nos décisions. Personnellement, j’aimerais pouvoir me fier à mon vendeur ou interlocuteur qui me vend un bien et lui faire confiance. Mais je ne me gêne pas de valider les informations à d’autres sources indépendantes. Et ça c’est user de son intelligence. L’intelligence n’a rien à voir avec avoir une bonne mémoire. Être intelligent, c’est être curieux quand on ne sait pas. C’est avoir l’ouverture de celui qui est prêt à entendre un perspective différente de la sienne et la sagesse de faire la part des choses et de ne jamais prendre pour définitif une vérité ponctuelle, du genre : la terre est plate.