Nos meubles sont-ils en train de nous rendre malade?

(Mise à jour 2015)

mousse polyuréthane et foamVoici une question qu’on ne s’est probablement pas souvent posée, même si elle est plus que pertinente. C’est que sans trop s’en rendre compte, nous sommes quotidiennement en contact avec des mousses de polyuréthane. On les retrouve notamment dans les sièges d’autos, dans les emballages, les sous-tapis et dans nos meubles et matelas.

Soyons bien claire à ce propos : le problème n’est pas dans le polyuréthane en soi, il est dans les produits retardateurs pour le feu (ignifuges) qu’on leur ajoute lors de la fabrication. Certes, le polyuréthane n’est pas idéal pour la protection de l’environnement, puisqu’il met un temps fou à se décomposer. Mais cela semble une bien mince affaire si on regarde les conséquences que représentent les produits ignifuges pour la santé humaine . De plus en plus de consommateurs et de scientifiques en sont très inquiets.

Est-ce que toutes les mousses en polyuréthane contiennent des produits ignifuges ?

La réponse n’est pas si simple a obtenir, puisque les fabricants ne sont pas tenus de révéler la composition chimique de leur mousse. Une étude américaine, publiée en novembre 2012, dans le « Environmental Science & Technology » a trouvé que 85% des sofas testés étaient traités avec des produits ignifuges. Parmi les produits trouvés, 41% des sofas contenaient des hydrocarbures chlorés tris (TDCPP) et 17% contenaient des penta-BDE (Pentabromodiphenyl éther). Bien d’autres composants de ces mêmes familles de composés chimiques sont aussi utilisés comme agent ignifuge.

Protection publique

Le débat actuel joue sur 2 plans. Au départ, l’ajout d’ignifuges est une question de protection publique. Tout le marché nord-américain s’est aligné pour répondre à la norme californienne TB-117 exigeant que la mousse polyuréthane que l’on retrouve dans nos meubles et matelas ne s’enflamme qu’après un délai de 14 secondes, lorsque soumise à une flamme de cigarette. L’autre débat concerne l’efficacité de ces produits qui a enfin été remise en question par des chercheurs et associations de consommateurs. Cette nouvelle législation est effective depuis janvier 2014, mais prendra effet progressivement. Suivez ce lien pour plus d’information (en anglais) ici.

Or, ce règlement était remis en question puisqu’il avait été mis en place au moment où il était permis de fumer partout, même dans les chambres d’hôpitaux. Nous sommes bien loin de tout ça maintenant, De plus, on a également observé une nette diminution de la consommation de cigarettes depuis une trentaine d’année, ce qui a eu pour effet de diminuer de façon considérable les incendies causées par des mégots échappés ou oubliés. Enfin, et c’est ce qui aura enfin favorisé un changement de réglementation pour limiter l’usage des ignifuges, il a été clairement démontré que ces produits ne jouent pas leur rôle et sont en fin de compte pratiquement inutiles pour la prévention des incendies, du moins dans les mousses.

Risques contre la santé

Si la protection publique contre les incendies est importante, plusieurs études réalisées sur des animaux et quelques études réalisées auprès d’humains ont démontrées en contrepartie que les produits ignifuges peuvent notamment causer des problèmes de santé importants tels que des désodres hormonaux, des problèmes de fécondité et de débalancement des organes sexuels, des cancers, des problèmes au foie et à la thyroïde. Une des complications est que ces produits tendent à s’accumuler dans les graisses et peuvent rester dans l’organime pendant plusieurs années. Il est donc préférable d’éviter leur contact le plus possible.

Où se retrouve ces particules?

Contrairement à la croyance populaire, les produits ignifuges ne restent pas longtemps en suspension dans l’air, comme le font les phthalates  -produits que l’on retrouve notamment dans les désodorisants pour maison. Les ignifuges sont des particules plus grosses et plus lourdes et se retrouvent principalement dans la poussière. On peut donc en respirer mais surtout en manger, lorsque l’on est en contact avec la poussière et que l’on consomme des aliments avec ses mains. Les enfants et bébés sont particulièrement vulnérables à ces poussières.
polyuréthane foam toxicité

Quelles sont les alternatives?

Pour s’en prémunir, en attendant que la nouvelle législation soit appliquée, la meilleure solution est de se procurer des meubles fabriqués sans mousse polyuréthane ou fabriqués avec des mousses que le fabricant indique ne pas contenir de produits ignifuges, bien que cela ne soit pas une garantie à 100%. Les bourres de polyester, latex, coton, ouate, laine et autres produits naturels en sont exempts. C’est donc une alternative pour réduire notre exposition aux produits en question. Ces matériaux sont non seulement exempts de produits toxiques, ils sont aussi plus durables et donc plus écologiques et économiques à moyen-long terme. Il peut donc s’agir d’un choix à considérer pour le futur.

Par contre, si nos meubles contiennent déjà des mousses en polyuréthane, si possible il faut s’assurer qu’elles ne respectent pas la norme californienne TB-117, ce qui n’est pas chose simple car il est pratiquement impossible d’être 100% certain que les mousses sont exemptes de toute trace de produits chimiques.

Pour l’instant, il reste l’alternative d’épousseter régulièrement notre résidence avec un linge humide ou une serpillière (moppe) afin d’éviter que la poussière ne soit soulevée dans l’air ou même ingérée. Il faut  se laver les mains régulièrement, notamment avant de préparer les repas et de manger.

Il convient également d’avoir des sacs filtres à aspirateur répondant à la norme HEPA (High-Effeciency Particule Air), ce qui permet de garder les particules dans le sac plutôt que de les envoyer par la sortie d’air de notre aspirateur.

En terminant, lorsque viendra le temps d’acheter, de remplacer ou de faire remettre à neuf des meubles rembourrés et matelas, vaut mieux s’adresser à des conseillers experts qui connaissent bien la composition des matériaux qu’ils utilisent et qui pourront vous suggérer des alternatives plus saines pour la santé. Aussi, il est bon de savoir que si les matériaux exempts de produits toxiques sont un peu plus dispendieux à l’achat, ils durent généralement beaucoup plus longtemps, ce qui revient souvent moins cher, dans une perspective moyen-long terme.

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